Climat : La France mauvaise élève ?

Climat : La France mauvaise élève ?

Greta Thunberg, la célèbre militante écologiste suèdoise de 16 ans, a attaqué la France et quatre autres pays devant l’ONU pour protester contre leur inertie climatique. Avec quinze autres jeunes venus à New-york toutes voiles dehors (au propre comme au figuré), elle continue d’attaquer frontalement les responsables politiques.

Argentine, Brésil, Turquie, Allemagne et bien sûr la France. La liste de Greta Thunberg a de quoi surprendre. Quid de la Chine, Etats-Unis ou l’Inde et Russie, les quatre premiers pollueurs mondiaux. La réponse est juridique et assez « cocasse ». La plainte déposée par la militante suédoise et ses amis, s’appuie sur « un protocole optionnel » assez peu usité de la convention des Droits de l’enfant. Il permet, depuis 2014, à des enfants de porter plainte s’ils estiment que leurs droits sont bafoués. Le comité peut ensuite enquêter sur les griefs présumés et recommander des préconisations (non contraignantes juridiquement) aux Etats visés pour les faire cesser.

Les cinq pays visés, au demeurant membres influents du G20, font partie des 44 pays ayant ratifié le protocole. Au contraire des principaux pollueurs précités précédemment. Cette dénonciation symbolique n’est donc pas une réelle menace pour les nations incriminées.

La France est bonne élève et volontariste…

Pourtant, cette plainte n’a pas tardé à entraîner une réaction de l’exécutif français. Emmanuelle Macron, chef d’Etat de la France, avait reçu, en février à l’Elysée, l’ado scandinave. Le président français s’est ainsi ému d’être attaqué sur ce sujet : « Il faut qu’elle se concentre sur ceux qui sont le plus loin, ceux qui essaient de bloquer. Je n’ai pas le sentiment que le gouvernement français ou allemand est aujourd’hui en train de bloquer ». Pour sa défense, le président tricolore a même reçu en 2018 le titre, certes contestable, de « champion de la Terre » décerné par le programme onusien de l’environnement (UNEP). Toujours volontaire lorsqu’il s’agit d’évoquer le défi du changement climatique, Emmanuel Macron promet beaucoup. A l’instar des principaux dirigeants mondiaux. Des vœux pas toujours suivis d’effets. 

Pour autant, la France figure parmi les bons élèves en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Elle ne figure pas dans le Top 10 des plus gros émetteurs de la planète.

Emissions de gaz à effet de serre
Mais…

La réalité est plus nuancée que les chiffres bruts des émissions de CO².La France doit son bon classement à sa dépendance nucléaire. Le funeste épisode de Fukushima l’a rappelé, le nucléaire est aussi dangereux que ses déchets sont polluants. La France s’est d’ailleurs engagée à en sortir progressivement à l’horizon 2050. Au-delà des énergies fossiles, L’Hexagone peine aussi à tenir ses promesses en matière de « croissance verte » ou de son budget carbone qui est dépassé chaque année depuis son annonce lors de la COP21.

Néanmoins, quoiqu’en dise la jeune et émouvante Greta Thunberg, » la France macronienne » est très active sur cette problématique planétaire. Alors que certains chefs d’Etats sont ouvertement climatosceptiques comme Donald Trump (USA) ou Jair Bolsonaro (Brésil), Emmanuel Macron a le mérite de mettre ce débat sur le devant de la scène. La France est donc globalement à l’avant-garde en matière d’écologie. On s’entend, tout n’est pas parfait. Mais la volonté existe…même si les faits sont plus têtus.

 



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