La Bio : future norme de consommation

La Bio : future norme de consommation

En France, le marché alimentaire bio connaît un essor exceptionnel. Sa croissance, spectaculaire et continue (15,7% en 2018). Plus qu’un label, le bio est devenu une norme pour de nombreux français. Découvrez notre éclairage sur cette révolution alimentaire qui amorce un virage sociétal plus profond.

Une croissance à deux chiffres, digne des pays émergents. Doux euphémisme, le marché de la bio se porte très bien.  Il a frôlé la barre des 10 Milliards d’euros de chiffre d’affaires (9,7Mil€ soit + 15.7% en 2018). En volume, cela représente une hausse nette de 1.4 milliard d’euros d’une année à l’autre. Tous les grands distributeurs y investissent goulûment, à l’instar de Carrefour qui consacre des surfaces de vente très importantes aux corners bio.

Le phénomène touche aussi Natexpo, l’un des salons les plus populaires du secteur alimentaire (Paris 20-22 octobre).  Près de 600 exposants s’y sont amassés pour faire découvrir aux professionnels du secteur, l’abondance et l’innovation du monde de la Bio. Le pôle consacré à l’alimentation biologique était le plus imposant de Natexpo, un signe qui ne trompe pas.

Un essor mondial

Cette progression exponentielle n’est pas l’apanage de la France. Dans le monde entier, les ventes ont quadruplé en 10 ans, pour atteindre 80 milliards d’euros en 2018. Ce qui représente près de 5% de la consommation alimentaire des ménages. En Europe, ce pourcentage est encore plus élevé, le pouvoir d’achat et « la conscience verte » étant supérieurs à la médiane mondiale.

Plus que les chiffres, le bio est porté par des produits novateurs.

Des ingrédients au cœur de l’innovation

Cette volonté de trouver des ingrédients plus naturels a permis l’émergence de nouveautés venues des quatre coins du globe. La grenade, l’aloé vera, les baies de goji ou l’édamame ont gagné en renommée grâce à « l’incubateur biologique ». Ils sont le cœur des innovations de la filière biologique. En plus des aliments au sens propre, des tendances émergent en parallèle : protéines alternatives, sans gluten, supers aliments, ingrédients fermentés, arômes biologiques. Ces catégories et produits sont eux-mêmes liées à des modes de consommation ou d’achat plus intègres. Ils font la part belle au commerce équitable, à la traçabilité lisible des origines, au zéro gâchis ou à l’économie circulaire.

L’expression cercle vertueux prend tout son sens lorsqu’on observe la sphère économique de la bio.

Le consommateur, core de la Bio

Au-delà du circuit économique ou des produits, c’est bien le consommateur bio qui est l’essence même de cette filière. Très attentifs aux problématiques écologiques et environnementales, les personnes consommant des produits bio se montrent très vigilants au pedigree des marques de la bio. Ainsi, les démarches éco-responsables, l’engagement des entreprises dans les normes RSE sont aujourd’hui très suivies et peuvent entrainer un acte ou rejet d’achat par ces clients qui y attachent une importance majeure.

« Aujourd’hui, le bio représente déjà 5 % des achats alimentaires des Français, mais l’engagement de chacun pour un futur durable ne cesse de s’amplifier, impliquant de nouvelles attentes et actions. Et de nouveaux sujets émergent quant au bio et à ses engagements – l’agriculture bio dans des serres chauffées, des fruits et légumes bio avec suremballage plastique… font débat car la demande de cohérence est là, en plus de la transparence » explique Trend sourcing (source Agro Media).

23 millions de Français se considèrent comme flexitarien

Preuve de ce changement de mœurs alimentaires, près d’un tiers des Français se considèrent comme flexitarien. Être flexitarien implique d’exclure, la majeure partie du temps, la viande de son régime alimentaire. C’est une alternative plus souple que le Veganisme pur et dur qui ne séduit que 2,5% des Français mais 6% d’Américains. Ces mouvements sont eux-mêmes sources d’innovations. Au pays de l’Oncle Sam, le terme « Plant-based » gagne du terrain face au Vegan. Cet intitulé est plus apprécié car il est moins sujet à polémique et donne une dimension positive à cette alimentation. Dans la même veine innovante, le Vromage ou fromage végétal prend de l’ampleur et constitue une alternative aux fromages laitiers.

La restauration n’échappe au tourbillon biologique. Sur des concepts où l’art du Feng shui retrouve son lustre millénaire, ces restaurants se veulent en harmonie parfaite avec la nature et connaissent un grand succès dans les métropoles urbaines. La restauration scolaire est celle où l’attente est la plus forte. Près des 85% des foyers possédants des enfants souhaitent une alimentation biologique au sein des cantines scolaires.

Si la volonté de changer nos habitudes alimentaires n’est plus à prouver, ce besoin de changement entre dans un spectre bien plus large.

Un mouvement qui dépasse le cadre alimentaire

Certains ont longtemps penser que « ce mouvement biologique » s’estomperait dans le temps, sous l’autel de la croissance, valeur étalon du XXème siècle. On constate aujourd’hui, que ce postulat est erroné. La bulle biologique n’a pas éclaté et s’inscrit dans une mutation sociétale plus profonde. Ses frontières sont aussi vastes que celles de notre planète et touche tous les pans de l’activité humaine. Le consumérisme à tout va, était le privilège de la génération des Babyboomers. Celle de nos enfants sera celle de la préservation du monde vivant pour enrayer le changement climatique, grand défi du XXIème siècle. Ces changements vont aussi permettre de limiter des maladies liées à notre mode de consommation comme l’obésité, le diabète ou bien évidemment le cancer.

Petit à petit, le lin remplace le coton dans le textile, les énergies renouvelables prennent le pas sur le pétrole, les exemples de mutations sont légions et prouvent que l’homme peut se sauver de lui-même.

Un futur porteur d’espoir 

Il ne faut pas avoir peur de demain. Demain ne sera pas synonyme de privations mais bien d’améliorations pour les 10 milliards d’êtres humains sans compter l’ensemble des espèces animales et végétales qui peupleront la Terre à l’horizon 2050. La vitalité de la Bio est un signe qui montre que nous sommes dans la bonne direction même si la route sera longue.



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