Le bitume végétal, la solubio ?

Le bitume végétal, la solubio ?

Quand on vous dit que le pétrole est partout. Nos routes n’y échappent pas. Le goudron est enrobé d’une vingtaine de centimètres d’un résidu pétrolifère. À contrario, il n’y a que 5% de bitume chauffé à 140°C. Nos chaussées résultent donc d’un procédé polluant et très énergivore…qu’il faut renouveler tous les dix ans en moyenne ! Cet état de fait montre que la dépendance aux énergies fossiles est encore très (trop) conséquente. S’en défaire requiert des trésors d’ingéniosité. Eiffage, l’un des grands groupes du BTP, a trouvé une alternative plus écologique. La société développe depuis 3 ans Recytal Arm, un goudron « vert » qui utilise un liant d’origine végétal tout en recyclant l’ancien bitume.

L’avenir du bitume ?

Cette innovation pourrait offrir un visage plus vert à nos revêtements. Le Biophalt, le liant résultant d’émulsions de pins est mélangé au bitume existant pour régénérer les chaussés abimées par l’immense cortège de véhicules qui sillonnent les routes. Gros plus de ce nouveau process, il exploite des déchets végétaux plutôt que des granulats d’or noir et fonctionne à froid. Il a aussi l’avantage de supprimer l’odeur désagréable du bitume fondu. Pour résumer  : plus besoin de surchauffer, moins de pénibilité pour les ouvriers, une machine en moins à amener. Sans compter les économies d’énergies et subséquemment moins de pollution liée à l’effet de serre.

Des tests grandeur nature

Le directeur de l’innovation pour Eiffage Infrastructures, François Olard détaille les objectifs du groupe : « L’objectif principal est d’augmenter le taux de recyclage des chaussées. Aujourd’hui ce taux est d’environ 40%. Nous souhaiterions aller au-delà de 50%, voire atteindre un taux de 100% ». Une ambition louable qui devra traverser l’épreuve du temps. En ce sens, depuis 3 ans, le constructeur teste sur une piste de l’ifsttar à Nantes, la résistance de ce bitume végétal.  À raison de millions de passage de poids lourds sur la piste. Un test qui s’est avéré concluant puisque cet alliage bio est désormais utilisé pour restaurer des routes dans l’Hérault et en Gironde.

Peu connu pour sa fibre écologique, Eiffage montre la voie à suivre pour les grands groupes qui mettent à profit leur puissance financière, humaine ou scientifique afin d’assurer un avenir plus vert à tous…Si en plus les routes sentent le pin, ce sera la pomme sur le gâteau.



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