Le mouvement des Coquelicots, symbole de la prise conscience écologique des Français ?

Le mouvement des Coquelicots, symbole de la prise conscience écologique des Français ?

La démission de Nicolas Hulot a provoqué une onde de choc. Elle a raisonné bien au-delà des frontières du microcosme politique. Face au constat désarmant de l’ex-ministre de l’Ecologie, plusieurs mouvements citoyens se sont mis en branle simultanément. Maxime Lelong, un chef d’entreprise de 27 ans, a proposé une marche pour l’environnement. En moins de dix jours, elle a connu un engouement viral sur les réseaux sociaux. Cette marche s’est tenue le samedi 8 septembre dans toutes les villes de l’Hexagone connaissant un succès populaire indéniable. C’est un marqueur fort. Aujourd’hui, l’écologie est un sujet de préoccupation majeure pour l’ensemble des français. Un sujet qui dépasse tous les clivages. C’est un enjeu pour l’ensemble des humains présents sur Terre.

Le coquelicot en étendard 

Fabrice Nicolino, un rescapé de l’attaque contre Charlie Hebdo, lance ce mercredi 12 septembre son mouvement citoyen pour interdire les pesticides en France : le mouvement des Coquelicots. Pourquoi les coquelicots ? Cette fleur au rouge sémillant est le symbole de la paupérisation de nos terres. Elle a disparu des sols avec l’apparition des produits chimiques qui eux pullulent de nos champs à nos cheveux.  Le journaliste, essayiste et militant, a rédigé un livre enquête passionnant sur l’histoire des pesticides et de leurs autorisations en France. En parallèle, coquelicot à la boutonnière, il lance un appel sur le net et espère créer une « sorte de Téléthon pour un pays enfin débarrassé de tous les pesticides ». « Entre aujourd’hui et le printemps 2020, il y aura des milliers d’événements. Nous commencerons peut-être à 50 mais nous finirons à 500.000» aspire le lanceur d’alerte.

Le Parisien

Flower Power !

Pour autant, Fabrice Nicolino a conscience qu’il ne faut « pas croire au Père Noël », à l’évocation de l’interdiction des néonicotinoïdes (pesticides tueurs d’abeilles). Il connaît la puissance des lobbys agrochimiques qui ont toujours un joker dans leur manche. Combatif, il souhaite « en finir avec toutes les m… qu’on répand sur nos aliments ». Pour corroborer ces propos alarmistes, le chroniqueur publiera, aujourd’hui sur Charlie Hebdo, le résultat d’analyse de mèches de cheveux de quinze de ses collaborateurs. Sans les siennes puisque Fabrice Nicolino est aux cheveux ce que le Mont Ventoux est aux montagnes 😊. « C’était l’occasion de sortir le journal du ghetto morbide et d’en refaire un lieu de lutte pour la vie » confesse-t-il ému. D’après les premiers échos, on a par exemple trouvé des traces de DDT, un insecticide interdit depuis 1972 !

Des chiffres qui font froid dans le dos

Nos terres agricoles sont désertées par la flore mais aussi la faune. D’après les dernières études, un tiers des oiseaux de champs et 80% des insectes volants ont disparu en 30 ans. Concomitamment, les médecins recensent toujours plus de cas d’asthme et de personnes atteintes par la maladie de Parkinson, des pathologies liées directement aux pesticides. Le chlordécone dans les Antilles ou plus récemment le débat sur le glyphosate ont montré qu’il est difficile d’obtenir l’interdiction de ces substances chimiques très nocives pour l’homme et les sols. Autant de phénomènes rappelés dans le livre (« Nous voulons des coquelicots ») de Fabrice Nicolino. L’auteur espère que son ouvrage servira de « mode d’emploi pour un grand soulèvement pacifique, pour savoir pourquoi on se bat et contre quoi ».  Plusieurs personnalités comme Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes ou la chanteuse Emily Loizeau ont déjà adhéré au mouvement des coquelicots.

Enfin comme le souligne, Fabrice Nicolino, la démission de Nicolas Hulot a servi de tremplin à son mouvement : « Il a remis en lumière une idée simple ; la société doit s’exprimer ». Après l’onde de choc Hulot, on rêve d’un tsunami citoyen capable d’ensevelir ces pesticides.  Il ne tient qu’à nous de prendre notre avenir en main. Tous à vos coquelicots !

*interview réalisée dans le Parisien



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