Réchauffement climatique : que devrons-nous manger demain ?

Réchauffement climatique : que devrons-nous manger demain ?

Quel régime nous permettra de limiter le réchauffement climatique tout en continuant à lutter contre la malnutrition ? Des chercheurs US apportent des pistes pour l’avenir… Nous espérons que vous aimez les mollusques 😉

C’est aujourd’ hui une réalité avérée. La chaîne alimentaire est responsable pour un tiers des émissions de gaz à effet de serre selon le rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) paru le 8 août dernier. La consommation de viande et les externalités néfastes qui en découlent (déforestation, alimentation du bétail, méthane) sont bien évidemment ciblées. Face à ce constat qui se confirme d’étude en étude, des chercheurs américains ont calculé l’empreinte de neuf régimes alimentaires pour essayer de concilier les défis du changement climatique et de la malnutrition.

Publiée dans la revue Global Environnement Change, l’enquête explique quel serait le régime avec la plus faible empreinte environnementale, pays par pays, en tenant compte des besoins nutritionnels de la population.

 Des solutions au cas par cas

Le résultat brut de l’étude est assez simple : il n’y a pas de réponse universelle pour lutter à la fois contre le changement climatique et la malnutrition. Les disparités entre les pays sont telles qu’il est impossible d’imaginer un remède englobant un traitement à 360° de ces deux problématiques.  En effet, dans les pays en développement, les femmes enceintes et les enfants ont des carences nutritives si importantes que les chercheurs préconisent plutôt une augmentation des rations carnés ou laitiers. Au contraire, les pays développés doivent se mettre à la diète et réduire drastiquement leur consommation de viande, lait ou œufs. Une recommandation qui paraît difficile à mettre en œuvre tant les habitudes alimentaires sont ancrées dans la culture de consommation des pays riches.

Pour étayer les déséquilibres entre pays du Nord et Sud, l’exemple entre la France et l’Inde est assez parlant. Peuplée d’un 1,3 Milliard d’habitants, l’Inde présente pourtant l’une des plus faibles empreintes carbones alimentaire par personne, moins de 1000kg de CO² par an, deux fois inférieure à celle d’un Français. Comment l’expliquer ? Tristement. Le peuple indien compte 38% d’enfants en bas âge (-5ans) victimes de carences alimentaires. Un terrible postulat qui affecte profondément leur santé et même leur survie.

Réchauffement climatique

Source : Le Monde

 

La conclusion n’est pas simple, puisque lutter contre la malnutrition indienne impliquerait d’augmenter ostensiblement l’empreinte carbone alimentaire de l’Inde. Le marteau ou l’enclume ? Pour les chercheurs, il n’est pas question de mettre en compétition ces urgences. 

Le régime végétalien n’est pas la panacée

Le régime végétalien (sans viande, poisson ou produit laitier) comprend de plus en plus d’adeptes. Il est sans discussion celui qui émet le moins de CO². Pourtant, il sera difficile de convertir toute la planète comme le démontre l’équipe de l’université Johns-Hopkins : « Les animaux d’élevage fournissent des bénéfices agroéconomiques, allant de la conversion de résidus et sous-produits des récoltes en aliments comestibles, à l’utilisation de terres autrement impropres aux cultures ».

Les chercheurs ont étudié 9 régimes alimentaires pour en définir leur empreinte carbone (voir infographie)

réchauffement climatique

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Sur l’immense majorité des nations étudiées, les chercheurs ont retenu deux régimes qui sont susceptibles d’améliorer la situation en raison de leur flexibilité (potentiel nutritif et climatiques).

Le premier est un régime dit « aux deux tiers végétalien », qui se décompose en deux repas totalement végétaliens pour un repas omnivore. Les scientifiques de Baltimore estime qu’une telle diète est moins émettrice de CO² qu’un pur régime végétarien où la viande est remplacée par des produits laitiers ou des œufs qui émettent plus de gaz à effet de serre.

Le second est plus original dans sa conception. Il comporte une petite part de produits animaux qui dans le bas de la chaîne alimentaire : les insectes (criquets, meuniers, ténébrions), petits poissons (sardines, harengs) ou encore mollusques (moules, palourdes, pétoncles). Ces êtres vivants compilent deux valeurs essentielles : un apport nutritif important (Vitamine B12) tout en ayant une empreinte environnementale mineure selon l’étude des chercheurs américains de la JHU.

« Le problème du réchauffement climatique est souvent perçu comme très complexe, mais, quand on nous propose des solutions, étape par étape, on voit qu’on peut agir, relève Martin Bloem. L’objectif de cette étude est de montrer qu’on peut avoir une faible empreinte environnementale tout en ayant un régime sain. Mais à chaque pays d’en tirer les conclusions adaptées à ses besoins et à sa culture alimentaire. »

Un changement qui ne pourra se faire sans volonté politique

Si cette volonté de réduire l’empreinte environnementale alimentaire est louable et nécessaire pour l’avenir de notre planète, elle restera une utopie sans un réel changement des politiques structurelles. À quoi bon réduire sa consommation de viandes si les terres utilisées ne sont pas reboisées. Le chemin sera long mais les alternatives pullulent grâce à la matière grise humaine. Une matière qui est certainement notre meilleur espoir…même si elle n’est pas comestible 😉.

 



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