DOSSIER développement durable : un siècle de changement

DOSSIER développement durable : un siècle de changement

Comme le dirait Madame Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987) : « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »

Cette notion que vous avez déjà dû entendre tant de fois met l’Homme au cœur des projets politiques passés, actuels et futurs. Elle interroge les grands enjeux de notre territoire : notre vulnérabilité face au changement climatique, l’aménagement de notre territoire, l’économie solidaire, l’agriculture, les déplacements, le logement, l’emploi…

Pour mieux comprendre l’apparition de ce défi majeur, Noscoursesbio vous retrace les derniers grands traités écologiques. Soyez-en sûr, vous serez incollable sur l’historique du développement durable 😉

 

 

1972 : Déclaration de Stockholm

Commençons en 1972, en Suède, où les préoccupations climatiques et environnementales ont été placées pour la première fois dans l’agenda international. La relation entre la croissance économique et la pollution des biens communs mondiaux (air, eau, océans) devient une évidence !

Les participants de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement Humain y ont adopté une déclaration de 26 principes que vous pouvez feuilleter aux pages 4 à 6. Ces principes énoncent les bases du développement durable. Ils mettent en lumière le besoin fondamental de protéger notre planète, de gérer nos ressources non-renouvelables et d’élaborer des systèmes de gouvernance nationaux et internationaux pour prendre en considération l’environnement.

Ce premier Sommet de le Terre représente le début d’un dialogue entre les pays industrialisés et les pays en développement. Depuis, tous les 10 ans, les gouvernants se retrouvent pour réfléchir sur un plan d’action écologique mondial.

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, « UN Program for the Environment » , est créé à cette occasion. L’organisation dépendante des Nations unies coordonne les activités de l’ONU dans le domaine de l’environnement et assiste les pays dans la mise en œuvre de politiques environnementales.

 

 

 

 

 

1992 : Déclaration de Rio, « Sommet Planète Terre »

Nous voici 20 ans plus tard au Brésil !  Au sein de la cité carioca se déroule la conférence sur l’évolution des droits et responsabilités des pays dans le secteur de l’environnement.

Entre temps, les mentalités ont changé. Le progrès scientifique a posé les bases d’un constat climatique difficilement contestable. L’activité humaine impacte notre planète et ce de plus en plus vite.  De fait, on se préoccupe davantage de la détérioration de l’environnement et du devenir de la Terre (couche d’ozone, réchauffement climatique). A partir de ce moment-là, les nations élaborent des accords visant à garantir l’intégrité de l’environnement dans le processus de développement.

Dirigée par l’ONU, cette déclaration définit les bases du développement durable. Le lien entre responsabilité citoyenne et sauvegarde de l’environnement est solidement appuyé.

Le résultat du rassemblement de plus de 100 dirigeants mondiaux et plus de 17 000 activistes et militants écologistes est :

 

 

1997 : Protocole de Kyoto (en cours depuis 2005 jusqu’en 2020) et gaz à effet de serre

Dans la lignée de la première pierre posée à Rio cinq ans plus tôt, la Cop 3 à Kyoto, la cité impériale, débouche sur un engagement écrit majeur : Le protocole de Kyoto.

Ce traité international, signé lors de la COP 3, prolonge les engagements pris à Rio en 1992 et fixe un cap de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Seul bémol, le refus des USA et du Canada qui sont à l’époque les principaux émetteurs de GES… 

 

 

 

 

 

 

Protocole de Kyoto

 

 

L’objectif est de réduire de 5% l’émission de ces gaz entre 2008 et 2012 : dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbones.

Un objectif qui n’a pas été tenu… les émissions s’étant envolées au cours de cette période.

On constate que les activités humaines sont probablement responsables de la majeure partie de l’augmentation de la température moyenne de la planète.

A Kyoto, le monde commence à comprendre qu’il y a urgence, ce protocole étant le premier engagement signé par les Etats.

Evolution globale des émissions de gaz à effets de serre

Les émissions de gaz à effet de serre (GES), en étroite relation avec le réchauffement climatique, ne font qu’augmenter ! L’augmentation la plus significative se situe entre 2000 et 2010 avec une hausse de 3,1%.

 

Evolution par pays des émissions de GES

Pays émergent désormais superpuissance, la Chine et sa croissance galopante sont devenues le premier émetteur mondial de GES devant les États-Unis. Ces deux pays représentent 43 % du total des émissions de CO2 liées à l’énergie en 2017 ! En 2019, le centre économique de l’Asie représentait 27 % des émissions mondiales de GES, responsables du réchauffement climatique, selon un rapport cabinet de recherche indépendant Rhodium Group.

 

 

Cette courbe de l’augmentation des GES se parallélise avec celle de l’augmentation des températures globales et des précipitations sur notre planète. Un graphique qui ne laisse guère de doute quant à la corrélation de ces facteurs.

 

 

2015 : L’Accord de Paris lors de la COP21

L’accord de Paris est un traité international adopté durant la COP 21 le 12 décembre 2015 et entré en vigueur le 4 novembre 2016. 196 pays ont signé l’accord, ce qui le rend juridiquement contraignant sur les changements climatiques.

Les dernières projections du GIEC étaient alarmantes : entre 1,1 et 6,4 °C d’ici 2100. Son objectif est donc de :

  • Réduire beaucoup plus les émissions de CO2
  • Limiter l’augmentation de la température à 1,5°C d’ici 2100.

Une transformation économique et sociale des pays est donc exigée.

Les projections du GIEC : 

L’Accord de Paris résonne comme un nouvel espoir. C’est le moment où jamais d’agir. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, alors députée écologiste, s’en souvient : « Je faisais partie des gens qui n’y croyaient plus, mais ce moment, où tout le monde s’est engagé à faire des efforts, restera gravé dans ma mémoire. »

Si on échoue, les possibles effets d’un réchauffement climatique d’ici 2100 s’annoncent catastrophiques tant écologiquement, qu’économiquement ou socialement : montée des eaux, écosystèmes en danger, sécheresses, désertification, maintien du sous-développement, migrations de millions de personnes, impact sur le tourisme…

 

La capacité d’adaptation aux changements climatiques n’est cependant pas la même selon la richesse des pays touchés. Les Etats-Unis, l’Europe et l’Australie sont favorisés par rapport à l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie ou encore les régions polaires.

 

 

Qu’en est-il des résultats ?

Depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, les avis sont mitigés concernant son succès. Les gouvernements n’ont pas tenu leurs promesses concernant la réduction des émissions de GES. 6 années se sont écoulées et les chiffres ne sont pas bons : une augmentation moyenne de 1,5% des émissions de GES chaque année depuis 10 ans (record battu en 2019 : 59,1 milliards de tonnes émis).

Face à ce constat toujours plus alarmant, les scientifiques ont dû revoir leurs prévisions à la hausse. Pour 2100, on s’oriente davantage vers un réchauffement de +3°C à +4°C.

Pour maintenir l’objectif de limite du réchauffement à 1,5°C d’ici la fin du siècle, le rapport annuel du Programme des Nations Unies pour l’environnement se montre strict. Pour se recalibrer en fonction des accords de la COP21 et atteindre cette target qui ressemble de plus en plus à une chimère, il faudrait diminuer les émissions de GES de 7,6% par an jusqu’en 2030.

 

Plus qu’un jugement bête et méchant sans tenir compte du contexte, il faudra plus de temps aux gros pollueurs pour changer leurs (mauvaises) habitudes. Les institutions peinant à concilier économie/écologie, une vague de mobilisation civile émerge.

Associations écologiques et ONG dénoncent la lenteur des actions promises. Face aux promesses non tenues, des activistes écologiques mènent des actions pacifistes : dans nos mairies, des décrochages de portraits du président de la République Macron sont organisés.

En août 2018, cette colère se personnifie grâce à une jeune adolescente suèdoise : Greta Thunberg. Très rapidement, elle devient le symbole d’une jeunesse inquiète du drame écologique qui se passe sous nos yeux. Elle crée l’immense mouvement de grèves scolaires « Friday for Future ». De jeunes militants se sont assis devant le parlement suédois tous les jours de classe durant trois semaines, pour protester contre le manque d’action face à la crise climatique. Avec les réseaux sociaux, ces grèves étudiantes sont devenues virales et continuent encore aujourd’hui.

 

 

Objectif 2050 : neutralité carbone

Zoom sur notre pays :

En France, le retard sur tous les objectifs fixés est criant : rénovation thermique des bâtiments, transports, ou encore agriculture. Malgré une feuille de route bien précise pour lutter contre le changement climatique – la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) – l’objectif de baisse des émissions pour respecter l’Accord de Paris a été revu à la hausse par décret le 21 avril 2020 et les efforts de la première tranche retardés à 2023. Une fuite en avant que le gouvernement n’assume pas puisqu’il garde pour objectif la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Néanmoins des innovations arrivent et pourraient permettre de tenir les engagements du gouvernement. La solution zéro carbone devient compétitive dans des secteurs économiques représentant 25 % des émissions (électricité, transports…). Ces solutions pourraient même être compétitives dans des secteurs représentant jusqu’à 70% des émissions mondiales d’ici 2030.

 

 

De la COVID-19 à la COP 26

Paradoxalement, d’une grande catastrophe pour l’humanité a émergé une bonne nouvelle pour notre belle Terre ; la pandémie de Covid-19 et ses restrictions indues ont considérablement ralenti la pollution. Un miracle même puisque des phénomènes incroyables ont pu être observés aux quatre coins du globe. Nous avons tous été touchés par l’émerveillement des habitants du district de Jalandhar, dans l’État du Pendjab, au nord de l’Inde.

Pour la première fois depuis plus de 30 ans et même parfois de leur vivant, ils ont pu admirer les cimes enneigées de l’Himalaya. L’un des pays les plus irrespirables du monde a connu une diminution exceptionnelle de sa pollution atmosphérique.

Un simple mirage ?

Cette embellie climatique était-elle une oasis au milieu d’un désert sans fin ? La question mérite d’être posée. En pleine réouverture de nos lieux de vie, la vie mais surtout l’industrie ont repris à toutes vapeurs. Selon le Global Carbon Project, les émissions mondiales ont baissé de 7 % seulement en 2020 par rapport à 2019, surtout en Europe et aux Etats-Unis. Un chiffre trop bas pour avoir un quelconque impact sur la concentration de CO2 dans l’atmosphère.

Chez Noscoursesbio, le fatalisme n’a pas de prise sur nous, il reste de l’espoir ! Le Global Carbon Project montre que la croissance mondiale des émissions de CO2 commence à s’essouffler. 24 pays en croissance économique ont vu leurs émissions diminuer entre 2010 et 2019. La crise sanitaire nous pousse au contraire vers des plans de relance concrets. Pour Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE), c’est possible : « Même si les activités humaines ont été perturbées en 2020, elles ne se sont pas arrêtées non plus, mais se sont modifiées, en nécessitant toujours de consommer de l’énergie. L’enjeu n’est donc pas d’aller vers zéro activité humaine, mais de parvenir à les décarboner. »

 

 

Du 1er au 12 novembre 2021, c’est à Glasgow qu’aura lieu la 26e conférence des parties signataires de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Décalée d’un an en raison de la crise sanitaire, cette COP est particulièrement attendue puisque les 195 pays signataires de l’Accord de Paris sont tenus de soumettre de nouveaux engagements. L’objectif zéro carbone est le principal : 127 pays, responsables de 63% des émissions de GES, se sont déjà engagés. 5 campagnes seront ainsi discutées : Adaptation et résilience, Nature, Transition énergétique, Transport routier propre et Finance.

Objectifs prévus :

  • Accord des états sur l’orientation des marchés vers un système mondial de taxe sur le carbone pour réduire les émissions de GES à long terme
  • Fin des investissements dans l’économie grise ou brune, de la dépendance au charbon
  • Elimination progressive des combustibles fossiles

Jean-François Julliard, le porte-parole de Greenpeace garde espoir mais reste vigilant : « il faut que les engagements soient connus de tous et que la société exerce un rapport de force et de pression citoyenne, pour que les dirigeants politiques soient contraints de faire un maximum d’effort et les respectent (…) Mais les pays devront arriver à la COP26 avec des plans d’action, jusqu’ici c’est ce qui manque ».

Après tant de belles paroles, nous espérons tous des actes !

 

 

3 Tips NCB pour réduire notre empreinte carbone :

 

1 – Privilégiez les voyages en train. Bonne nouvelle : les voitures-bars sont à nouveau ouvertes ?1

 

2 – Pour vos plus longs trajets, ouf le secteur aérien s’y met aussi ! 

 

3 – Comme l’équipe Nos Courses Bio, mettez-vous à l’électrique !



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