Et si la batterie solide enclenchait le passage au tout électrique ?

Et si la batterie solide enclenchait le passage au tout électrique ?

L’autonomie des batteries est le principal écueil vers une convergence de la flotte automobile à l’électrique. Les difficultés sont techniques. Le lithium, principal composant chimique des batteries, ne possède pas les propriétés adaptées aux exigences du secteur automobile. Face à ce constat, ne serait-il pas mieux d’abandonner le lithium pour se tourner vers une nouvelle énergie ? C’est l’avis de Henrik Fisker, ex-designer automobile chez Aston Martin, qui a lancé sa startup, Fisker Automotive. Il travaille principalement sur une alternative viable aux batteries lithium-ion. Le Danois a pris le parti de développer des batteries solides alimentées à l’énergie solaire.

L’avenir sera solide 

En effet, cette nouvelle technologie est prometteuse. Appelée scientifiquement, batterie à électrolyte solide, cette technique remplace le solvant (lithium) par une plaque de verre. Cette évolution permettrait de réduire le risque d’explosion tout en augmentant considérablement la densité énergétique. On parle d’une autonomie minimale de 600 km…soit autant que le plein de carburant d’un véhicule thermique. Mieux encore, le temps de recharge, autre contrainte des voitures électriques actuelles, pourrait être réduit à quelques minutes. Pour Jean-Patrick Teyssaire, président d’Electric-Road « la batterie solide est la technologie la plus prometteuse de ces prochaines années. Nous sommes en fin de cycle de recherche fondamentale, la batterie solide arrivera sur le marché dans trois ans ». Chez Fisker, on prétend que la Emotion pourra assurer 800 km d’autonomie pour un temps de charge ne dépassant pas une minute ! Les Danois vont plus loin en assurant fournir ces véhicules 3.0 dans un délai de 2 à 5 ans. Chez les constructeurs asiatiques – pourtant en avance sur cette technologie- on se projette à l’horizon 2025. Un avis unanimement partagé par la plupart des fournisseurs automobiles qui créent des synergies continentales pour mutualiser les coûts de recherche.

Asie vs Europe

Conquis par le potentiel de la batterie solide, les industriels ont mis leur énorme machine de guerre en ordre de bataille. Les Asiatiques sont aux avant-poste, Panasonic aurait de l’avance sur la maîtrise de cette technologie. La firme électronique nippone s’est alliée à Toyota pour s’imposer sur cette avancée vitale à long terme. Pour consolider ce leadership « made in Soleil Levant », Toyota, Nissan et Honda vont s’associer à Panasonic, GS Yuasa (fabricant de batterie) ainsi qu’au gouvernement japonais. Preuve que ce projet d’envergure revêt d’une importance fondamentale. L’Europe n’est pas en reste. Saft, filiale de Total, a fondé une alliance pour parer à l’hégémonie naissante venue d’Asie. Elle s’est entendue avec Manz, Solvay et Siemens pour accélérer ses recherches sur la batterie. Ce trust européen se donne sept ans pour voir aboutir un projet viable et capable de contrer l’avance asiatique sur ce domaine. Au milieu de ce bal de mastodontes industriels, la start-up Fisker jure qu’elle sera capable de damner le pion aux principaux constructeurs. Sur de son avance, Henrik Fisker annonce que ses recherches sont proches d’aboutir. Quoiqu’il en soit, cette technologie s’annonce comme le point de bascule dans l’histoire de l’automobile.

 

Que ce soit David ou Goliath qui l’emporte, ce projet est vital pour notre planète. La fin programmée des moteurs thermiques n’est pas négociable si l’on veut la préserver.



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